1.

L’Orthodoxie en général.

Approche historique et dogmatique

 

 

 

 « Orthodoxie » signifie: ortho + doxa = la foi droite, correcte. Elle exprime l’authenticité de la foi en Jésus Christ, reconnu et témoigné comme vrai Dieu et vrai homme. Elle exprime aussi l’authenticité de la manière de vivre selon Ses préceptes. Orthodoxie signifie chercher à rencontrer / « voir Dieu Tel qu’Il est » (cf. l’archimandrite Sophrony)

 

Dans une formule concentrée, l’Orthodoxie exprime la conviction que Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse devenir Dieu, par la grâce et non pas par la nature. La sainteté, un idéal tangible, exprime avec force que la raison ultime de l’homme est la communion avec son Créateur.

 

L’Orthodoxie exprime la continuité en ligne droite des premières communautés chrétiennes fondées par les Saints Apôtres du Seigneur Jésus Christ dans les provinces orientales de l'Empire romain.

 

Le culte orthodoxe. L'Église orthodoxe reconnaît les rites de l'Église chrétienne des premiers siècles (la liturgie de saint Jean Chrysostome, du saint Basile le Grand et du saint Grégoire, évêque de Rome).

Ainsi, comme l'Église romano catholique, nous avons les 7 sacrements:

-               le baptême,

-               la confirmation,

-               la sainte eucharistie,

-               la confession,

-               la prêtrise,

-               le mariage,

-               l’onction des malades.

Même les petits enfants peuvent recevoir l'eucharistie et la confirmation.

L'épiscopat et la prêtrise sont interprétés à la lumière de la succession apostolique. Les prêtres peuvent être mariés ou célibataires ou moines. Les évêques doivent être uniquement moines.

 

Le monachisme, dimension très importante de l’Orthodoxie, originaire de l'Orient chrétien (Égypte, Syrie, Cappadoce), est considéré par l'Église orthodoxe comme un sacerdoce prophétique: les moines manifestent l'action du Saint Esprit à travers leur mode de vie.

 

 

Brève histoire du christianisme orthodoxe oriental

Les pays orthodoxes d’aujourd’hui sont les pays qui ont été sous l’influence de l’Empire byzantin. C’est pour cette raison qu’il y a des historiens qui parlent de « Byzance après Byzance », en exprimant par cela la continuité de cette spiritualité même après la chute de l’Empire Romain de l’Est. La liturgie, les coutumes et les rites de l'Église de Constantinople restent à la base des structures orthodoxes contemporaines.

Au début, les missionnaires originaires de Constantinople (en 320 Constantin Ier transfert la capitale impériale de Rome à Constantinople) ont converti au christianisme les Slaves (les Bulgares, en 864; les Russes, en 988) ainsi que d'autres peuples d'Europe orientale.

Ils ont traduit également l'Évangile et les textes liturgiques dans les langues parlées dans ces pays.

 

Jusqu’en 1054 on parle de la même Eglise, unique, même s’il y a des divergences entre l’Orient et l’Occident.

Le schisme s’est fait progressivement. Le moment de la séparation entre l’Eglise Catholique et l’Eglise Orthodoxe, mise en acte en 1054, est un moment qui exprime des divergences anciennes. Les causes sont multiples:

-          doctrinales

-          politiques

-          sociales

 

Il s'agit d'une accumulation des divergences théologiques relatives à la procession du Saint-Esprit, à l'épiscopat, à la primauté de Rome et aux usages liturgiques.

Le 24 juillet 1054, le cardinal Humbert déposait sur l'autel de Sainte-Sophie, à Constantinople, l'acte par lequel Rome excommuniait le patriarche de Constantinople, Michel Keroularios. Le lendemain, une assemblée d'évêques, déniant au pape le droit d'intervenir sur les questions d'investiture, jetait le document romain au feu et excommuniait Humbert et sa suite.

 

Un deuxième grand moment de crise c’est le sac de Constantinople, perpétré durant la IVe croisade, en 1204. L'hostilité de l'Église Orientale à l'égard de l'Église de l’Occident s’intensifie.

 

Les tentatives de rapprochement se succèdent après d’une part et de l'autre. Au IIe concile de Lyon (1274), l'empereur de l’Orient Michel VIII Paléologue fait signer, par calcul politique, une motion reconnaissant la primauté romaine, dont on ne tient compte que durant huit ans. Le concile de Florence (1438-1439) a  proclamé l'union des Églises, mais les communautés orthodoxes n’ont pas répondu favorablement à cette initiative. En 1453, les Turcs s'emparaient de Constantinople et l'Église byzantine était asservie à l'Empire ottoman.

 

Un troisième moment de crise a lieu en contemporanéité :  le concile Vatican I (1869-1870). L'infaillibilité du pape est définie.

 

A partir du concile Vatican II (1962-1965) on enregistre une nouvelle tendance de rapprochement: en 1964, le patriarche Athênagoras et le pape Paul VI décident de lever les anathèmes réciproques lancées en 1054. Les visites du Pape aujourd’hui s’inscrivent dans ce contexte, même s’il y a toujours des difficultés (voir l’Eglise uniate en Roumanie).

 

Terminologie

L’orthodoxie n’est pas l’Eglise Orientale, observe Olivier Clément, théologien orthodoxe français. L’orthodoxie est l’Eglise, dans son esprit d’authenticité de la vie des chrétiens à partir de l’époque de l’Eglise primitive. Nous parlons d’une succession apostolique qui exprime la continuité avec l’Eglise primitive, dans l’esprit de compréhension de la réalité de ce monde et de vie dans la présence de Dieu, continuité manifestée dans la doctrine et dans le culte.

Pour cette raison, nous constatons que toutes les confessions d’aujourd’hui ont comme point de départ l’Orthodoxie.

 

Les divergences dogmatiques et rituelles entre les orthodoxes et les catholiques

 

Les différences essentielles portent sur trois points principaux de doctrine:

§         Le Filioque

Pour les orthodoxes, la seule profession de foi relative à la Trinité est le Credo de Nicée (325) et Constantinople (381). L'Église orthodoxe confesse que l'Esprit Saint procède seulement du Père par le Fils, contrairement à l'Église catholique romaine, qui, au VIIIe siècle, sous le pape Léon III, sans consulter l'Église byzantine, introduit la foi en l'Esprit procédant à la fois du Père et du Fils: filioque (le Credo en latin dit, à propos du Saint-Esprit: qui ex patre filioque procedit, «qui procède du Père et du Fils»).

Ce fut l'occasion pour l'Orient de prendre conscience des différences doctrinales existant entre les deux traditions: selon l'une, seuls les conciles œcuméniques sont habilités à définir la foi; selon l'autre, en vigueur à Rome, une foi complémentaire de celle des conciles peut être définie par le pape.

§         L'autorité du pape

L'Orient chrétien refuse l'autorité juridictionnelle suprême du pape, proclamé par le concile Vatican I comme «infaillible» et «docteur suprême de la Vérité» mais a toujours admis sa primauté d'honneur.

On parle en même temps d’égalité ainsi que de primus inter pares  - une distinction honorifique.

La conception orthodoxe en matière d'infaillibilité de foi, de dogme et de morale repose sur le concile œcuménique et local. Seule une telle assemblée d'évêques une instance collégiale donc peut engager définitivement la foi de toute l'Église.

L’Eglise Orthodoxe est composée donc par des entités distinctes, autonomes (autocéphale = auto + kefalos), ayant une organisation locale indépendante. Un réseau où les noyaux ont le même poids (structures de type collégial).

Les Églises autocéphales / les patriarcats (les Églises régionales) ne reconnaissent pas de centre d'autorité. Dans l’Orthodoxie, le patriarcat de Constantinople a une distinction honorifique.

§         L'Immaculée Conception

Elle est une innovation doctrinale qui n'est pas nécessaire à la foi.

Il y a aussi d’autres points de divergence, concernant certaines notions:

-               d’ecclésiologie : le célibat des prêtres

-               d’anthropologie : la question des énergies divines incréées ; la question du salut, vu non pas comme une justification juridique, mais une transformation profonde de l’homme, tout entier, sous la « loi » de la grâce divine.

 

 

Les principales entités de l'Église orthodoxe aujourd’hui

 

Le patriarcat de Constantinople. Le patriarche de cette métropole est appelé œcuménique, car il est le premier dans l'ordre de préséance. Élu par des métropolites, il est assisté par un synode de douze évêques. Outre la Turquie, le patriarcat de Constantinople exerce sa juridiction sur la Grèce du Nord, la Finlande et sur certains diocèses occidentaux et d'Amérique du Nord. Les monastères du Mont Athos, haut lieu du monachisme orthodoxe, lui sont également rattachés.

Le patriarcat d'Alexandrie. Son autorité s'étend sur les orthodoxes d'Égypte (non monophysites) et d'Afrique centrale et orientale. Le patriarcat d'Antioche. Siégeant à Damas (Syrie), il regroupe les chrétiens orthodoxes de Syrie et du Liban.

Le patriarcat de Jérusalem. Fondé en 451, il a la garde des Lieux saints.

L'Église de Chypre. Cette Église autocéphale, fondée par l'apôtre Barnabé, est indépendante depuis 451.

L'Église russe. Indépendante depuis 1448, l'histoire de cette Église est fortement marquée par la lutte qui l'opposa à l'État pour conserver son indépendance. Le tsar Pierre le Grand abolit, en 1721, le patriarcat, qui ne fut rétabli qu'à la veille de la révolution de 1917. Résidant à Moscou, le patriarche est entouré d'un synode de six évêques, qui règle les affaires courantes de l'Église russe. La théologie est enseignée dans deux académies: à Saint-Pétersbourg et à Zagorsk.

D'autres Églises locales sont devenues indépendantes plus tard, comme les Églises grecque, roumaine, serbe, bulgare, géorgienne et, très récemment (1970), l'Église orthodoxe d'Amérique.

 

 

 

 

2.

L’Orthodoxie roumaine au fil de l’histoire.

Certaines particularités parmi les autres orthodoxies.

 

 

 

§         Le christianisme en Scythie

 

L’Apôtre André est celui qui a prêché l’Evangile dans l’espace qui s’étend entre le Danube et la Mer Noire, la Dobroudja actuelle, territoire connu dans les sources antiques sous le nom de Scythie. En 46 après Jésus Christ, ce territoire est conquis par les romans et annexé à la province Moesie Inférieure, et en 297, pendant le règne de Dioclétien,  il devient lui-même une province, Scythie Mineure. Une des premières sources qui attestent ce prêche apostolique en Scythie est l’œuvre « Sur les Apôtres » de Hyppolite le Romain, mort pendant les persécutions de l’empereur Decius (249-251). Un siècle après, cette tradition est confirmée dans « L’histoire de l’Eglise » de l’évêque Eusèbe de Césarée (en Palestine), qui avait trouvé ces informations dans un écrit de Origène, fondateur de l’école théologique d’Alexandrie, au troisième siècle. De plus, résulte de l’Epître de Paul aux Colossiens que les Scythes aussi ont entendu la parole de Dieu (chapitre 3, verset 11). 

En 106, l’empereur Traian conquiert une partie du territoire de l’ancien état des daco- gètes, gouverné par le roi Décébale,  partie qui est transformée en  province romaine (il s’agit de la Transylvanie, le Banat, l’Olténie, et une partie de la Munténie d’aujourd’hui). Ce changement politique crée les conditions favorables à la propagation de la nouvelle foi au nord du Danube. On parle de certains « missionnaires non-officiels », recrutés parmi les colonisés, soldats de l’armée romaine, commerçants ou esclaves, qui s’étaient convertis au christianisme avant l’arrivée en Dacie. A leur nombre s’ajoutent les captifs chrétiens que les Goths – qui habitaient alors les territoires au nord du Danube – les emmenaient de l’Asie Mineure, où le christianisme était connu dès l’age apostolique. Certains d’entre eux étaient ordonnés évêques, prêtres et diacres.

Jusqu’en 313, quand l’empereur Constantin le Grand lui accorde la liberté de culte par l’Edicte de Milan, le christianisme était « religio illicita ».

Les sources historiques attestent l’existence d’un seul évêque au nord du Danube, Théophile des Goths, participant au premier Synode oecuménique à Nicée, en 325. Les Actes des martyrs parlent de plusieurs évêques de Tomis, la métropole de Scythie Mineure (le territoire évangélisé par l’Apôtre André). Ils étaient tous de grands hommes de culture, auteurs d’écrits théologiques, impliqués dans les controverses dogmatiques de l’époque.

Au 4ème siècle, Scythie Mineure était devenue « province métropolitaine », c’est à dire dirigée du point de vue religieux par un métropolite, qui avait sous sa juridiction 14 évêchés dans les villes les plus importantes de la province. Tous ces évêchés étaient en relation directe avec la Patriarchie de Constantinople, la nouvelle capitale de l’empire. Ils étaient donc liés à Rome par leur langue, et à Constantinople par la foi.

La propagation du christianisme sur le territoire entre le Danube et la Mer Noire est également confirmée par les 35 basiliques des IV-VI e siècles, découvertes dans les villes principales de la province, à Tomis, Callatis, Tropaeum Traiani, Istrie, Axiopolis, etc., toutes des villes roumaines en Dobroudja aujourd’hui. On ajoute à celles-ci une centaine d’inscriptions sur des objets datant de la même période.

Le processus de christianisation de nos ancêtres a une note caractéristique, par rapport aux peuples voisins, notamment le fait qu’il ne s’achève pas dans une période courte, précise, mais c’est un processus qui s’étend sur plusieurs siècles, et c’est le résultat du contact direct de la population autochtone et des colonisés avec les propagateurs de la nouvelle foi.

 

La romanisation et la christianisation ont été deux processus parallèles ; on peut dire qu’à leur achèvement apparaît dans l’histoire un nouveau peuple (roumain) avec une nouvelle foi (chrétienne). Autrement dit, le peuple roumain est né chrétien.

 

Au début du 7ème siècle, toute l’organisation ecclésiale du Bas-Danube s’écroule sous la pression des tribus avaro – slaves. Les slaves s’installent dans la Péninsule Balkanique, ce qui mène à la diminution des contacts des daco-romains au nord du Danube avec les populations romanisées au sud. Mais le processus de romanisation et christianisation étant achevé, nos ancêtres ont pu assimiler les populations avec lesquelles ils étaient « obligés »  de cohabiter. La foi chrétienne s’impose ainsi et devient un facteur de culture et civilisation parmi elles. Cependant, les slaves imposent leur langue dans le culte de notre Eglise ( à partir du 10ème  siècle et jusqu’au 17ème siècle).

 

 

§         L’Eglise de Moldavie et Tara Romaneasca au Moyen Age

 

Dans la première moitié du 14ème siècle, les formations politiques du sud des Carpates s’unissent et forment un état unique, Tara Romaneasca, et les formations de l’est des Carpates forment la Moldavie. En même temps avec l’unification politique, dans les deux états indépendants a lieu l’unification ecclésiastique. On choisit un seul dirigeant religieux, appelé « métropolite », pour chacun des deux états.

En 1359, la Patriarchie Oecuménique reconnaît officiellement la Métropolie de Tara Romaneasca et son unique dirigeant, Iachint.

Durant le Moyen Age, l’Eglise Orthodoxe Roumaine a soutenu d’autres Eglises chrétiennes, surtout celles des pays sous domination ottomane, par des livres imprimés en grec, arabe et gruzine,  et surtout par les aides matérielles accordées pendant à peu près 500 ans aux églises, écoles et établissements d’assistance sociale dans les Balkans et le Proche Orient. En Moldavie et Tara Romaneasca ont fonctionné plusieurs typographies grecques soutenues par les princes régnants et les prélats roumains.

A partir de la deuxième moitié du 14ème siècle, les documents historiques nous fournissent beaucoup d’informations sur la contribution des deux provinces et de l’Eglise roumaine au maintien des 20 monastères et de plusieurs ermitages au Mont Athos (Cutlumus – surnommé « la grande lavra de Tara Romaneasca », Zographou, Dionisiou, Dochiariou, Hilandar, Iviron, Pantocrator, etc.). Par le soutien roumain, on y a  bâti des églises, chapelles, des tours de guet (pour pouvoir prévenir les attaques des pirates) ; à cela s’ajoutent les donations en argent, manuscrits, livres, icônes, vêtements et objets liturgiques, dont la plupart se trouvent aujourd’hui dans les bibliothèques et les musées du Mont Athos.

Ont reçu le même soutien le monastère Saint Ecathérine du Mont Sinaï, les monastères sur les Météores en Grèce, des églises à Ianina,  la Sainte Lavra en Péloponnèse, Mega Spileon en Achaïe, et plusieurs monastères des îles Chypre, Pathmos, Rhodos, Paros, Halki, les Patriarchies de Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem. Tous ces dons ont continué jusqu’à la sécularisation des biens des monastères en 1863, pendant le règne de Al. I. Cuza. Ces contributions ont joué un rôle important dans la survie de l’Orthodoxie sous domination ottomane, ainsi qu’à promouvoir la culture grecque et l’esprit national hellénique, ce qui a mené à la grande guerre de libération nationale  des grecques en 1821-1828.

Les pays roumains ont également aidé des établissements religieux en Serbie, Bulgarie, Ukraine, etc.

 

 

§         L’Eglise Orthodoxe Roumaine entre 1821-1919 (la période « moderne »)

 

La révolution au caractère national-social de 1821, qui a abouti par la création de l’état roumain moderne, ouvre également une nouvelle époque pour l’Eglise Orthodoxe Roumaine. En janvier 1859 a lieu l’unification de la Moldavie avec Tara Romaneasca sous un règne unique, celui de Al. I. Cuza. Le 3 décembre 1864, celui-ci proclame, par un décret, l’indépendance de l’Eglise du nouvel état et la constitution d’un Synode général de celle-ci, mesure absolument nécessaire en vue de l’unification de l’Eglise. En ce but, le métropolite de Tara Romaneasca devient, le 11 janvier 1865, « métropolite primat ».

Quelques années plus tard, en 1872, on élabore la Loi Organique, par laquelle le Saint Synode, la plus haute autorité dans l’Eglise Orthodoxe Roumaine, est constitué. Il est composé du métropolite primat comme président, du métropolite de Moldavie, des évêques de Ramnic, Buzau, Arges, Roman, Husi et le Bas-Danube, et d’un évêque-vicaire de chaque diocèse.

Après la proclamation de l’indépendance d’état de la Roumanie (9 mai 1877), on a continué les négociations avec la Patriarchie oecuménique, en vue de l’obtention du statut d’Eglise autocéphale. Le 25 avril 1885, le Patriarche oecuménique Joachim IV reconnaît à l’Eglise Orthodoxe Roumaine la qualité d’Eglise autocéphale.

 

§         L’Eglise Orthodoxe Roumaine 1918 - 1944

 

En 1918, la Transylvanie, la Bassarabie et la Bucovine s’unissent avec la Roumanie – acte par lequel se réalise un état roumain unitaire et unique.

Le 4 février 1925, le Saint Sinode décide de créer la Patriarchie Orthodoxe Roumaine ; ainsi, le métropolite primat devient patriarche. La loi pour la création de la Patriarchie est promulguée le 25 février 1925, et le 1er novembre 1925 a lieu l’investissement du premier patriarche, Miron Cristea.

 

§         L’Eglise Orthodoxe Roumaine 1944-1989

 

Après 1944, l’Eglise est progressivement exclue de la vie du pays. En 1948, on élimine l’enseignement religieux des écoles, on interdit les offices dans les hôpitaux, asiles, casermes, on supprime les publications des diocèses, on supprime des facultés et des académies de théologie, ainsi que les séminaires théologiques des diocèses de la Moldavie et la Munténie, on interdit les catéchèses pour les jeunes.

Tout de suite après 1944, plus d’un millier de prêtres orthodoxes (ainsi que romano-catholiques, greco-catholiques et protestants) sont arrêtés, jetés dans les prisons communistes, envoyés pour travailler pour la construction du canal qui liait le Danube à la Mer Noire (beaucoup d’entre eux y ont trouvé la mort), et même déportés en Sibérie.

La plupart de ceux qui ont survécu ont été libérés en 1964. Parmi les emprisonnés il y avait de grands théologiens comme Nichifor Crainic et Dumitru Staniloae. Nombre de prêtres orthodoxes ont été fusillés.

En 1959, des monastères et ermitages ont été supprimés et des centaines de moines et moniales ont été brutalement mis dans la rue ou obligés de travailler dans les usines. Pendant les dernières années de la dictature communiste, uniquement à Bucarest on a démoli plus d’une vingtaine de monastères et églises (les monastères Cotroceni, Vacaresti, Pantelimon, les églises Sfanta Vineri Sfantul Spiridon Vechi, Alba-Postavari, Enei, Spirea Noua Izvor, Sfanta Treime Dudesti).         

Tous les prêtres orthodoxes étaient surveillés et contrôlés en permanence, par les dites « inspecteurs des cultes » et officiers de sécurité, toujours présents dans toutes les institutions de l’Eglise. 

 

§         L’Eglise Orthodoxe Roumaine après 1989

 

En Roumanie, l’Eglise orthodoxe est nationale et majoritaire et comprend tous les croyants de religion chrétienne orthodoxe de Roumanie et de la diaspora.

Conformément au dernier recensement de la population de 1992, un nombre de 19. 802. 239 habitants du total de la population du pays sont orthodoxes, ce qui représente 86.8 % de la population du pays.

 

 

Bibliographie sélective :

1.        Mircea Păcurariu, Istoria Bisericii Ortodoxe Române, éd. IBMBOR

2.        Aurelia Bălan-Mihailovici, Istoria culturii şi civilizaţiei creştine, éd. Oscar Print, Bucarest, 2002